
Comment je suis devenue art-thérapeute : une passion devenue vocation
On me demande parfois comment je suis devenue art-thérapeute.
Avec le recul, je crois que l’art-thérapie était déjà présente dans ma vie bien avant que je découvre ce métier.
Depuis mon enfance, j’ai toujours aimé créer. Je dessinais beaucoup et j’aimais transformer de simples matériaux en supports d’expression. Ma mère conservait les allumettes brûlées et je les utilisais pour réaliser des dessins que je collais ensuite sur du papier. Déjà, la créativité occupait une place importante dans mon quotidien.
Quelques années plus tard, je suis partie en Angleterre comme jeune fille au pair, à Cambridge. Cette expérience m’a apporté beaucoup, mais elle a également été source de questionnements et d’émotions parfois difficiles à vivre. Pour les exprimer, j’ai commencé à tenir un cahier dans lequel je déposais mes pensées, mes ressentis, mes blessures et parfois ma colère.
Sans le savoir, j’avais déjà trouvé un outil précieux : l’expression créative comme moyen de mieux comprendre et traverser mes émotions.
Ma passion pour l’art ne m’a jamais quittée. J’ai suivi des cours de peinture et travaillé à la Réunion des Musées Nationaux, où j’ai eu la chance de découvrir plus en profondeur l’histoire de l’art. J’ai également suivi plusieurs formations internes ainsi que des cours du soir à l’École du Louvre.
Par la suite, je me suis tournée vers l’écriture. J’ai commencé à rédiger des livres et à animer différents ateliers créatifs : création de livres, ateliers d’écriture, carnets créatifs et activités artistiques pour les enfants.
C’est au cours de ces ateliers que j’ai pris conscience de la puissance de l’expression artistique.
Je me souviens notamment d’une participante qui avait travaillé son texte avec le groupe. Nous l’avions corrigé ensemble et tout semblait prêt pour une lecture publique. Pourtant, au moment de lire son propre texte, elle en fut incapable. L’émotion était trop forte.
Je lui ai alors conseillé de consulter un professionnel qualifié, art-thérapeute ou psychologue. J’ai compris que ce qui se jouait dépassait largement le cadre d’un simple atelier créatif.
Lors d’un autre atelier, une petite fille a exprimé à travers un dessin la souffrance liée à la maladie de sa mère atteinte d’un cancer.
À plusieurs reprises, je me suis retrouvée face à des situations qui révélaient combien l’art pouvait permettre d’exprimer ce qui ne trouvait pas toujours les mots.
Je ressentais profondément qu’il se passait quelque chose d’important, mais je savais aussi que cela nécessitait des compétences spécifiques, un cadre professionnel et une véritable formation.
C’est ainsi que j’ai décidé de me former à l’art-thérapie.
J’ai suivi une première formation, puis obtenu une certification afin de construire une pratique solide. Souhaitant approfondir encore mes connaissances de l’accompagnement humain, j’ai ensuite poursuivi avec une formation de praticienne en psychothérapie.
Aujourd’hui, à l’approche de mes 60 ans, je continue à me former. Mon fils s’étonne parfois de me voir retourner régulièrement sur les bancs de l’école. Pourtant, cela me semble naturel.
Mon père, vétérinaire, s’était lui-même formé à l’homéopathie quelques années avant sa retraite. Il m’a transmis cette conviction que l’on peut continuer à apprendre toute sa vie.
Je crois profondément que la curiosité, la créativité et l’envie de comprendre sont des moteurs extraordinaires.
J’accompagne aujourd’hui des enfants, des adolescents et des adultes, notamment des personnes hypersensibles, à haut potentiel ou neuroatypiques, dans un espace d’écoute, de création et d’expression.
Mon parcours m’a appris une chose essentielle : la créativité n’est pas réservée aux artistes. Elle est un langage universel qui peut nous aider à mieux nous connaître, à traverser les épreuves et à révéler nos ressources intérieures.
C’est cette conviction que je souhaite transmettre chaque jour à travers mon travail d’art-thérapeute.









