
Neurographica : quand le dessin devient un espace de transformation
Il n’est pas toujours facile de mettre des mots sur ce que nous ressentons.
Une émotion, une situation relationnelle, une peur ou un changement peuvent parfois être parfaitement identifiés et pourtant continuer à nous habiter. À d’autres moments, nous savons simplement que « quelque chose » est là sans parvenir à le définir précisément.
C’est notamment pour cette raison que les médiations créatives occupent une place importante dans ma pratique.
Depuis peu, une nouvelle méthode a rejoint ma boîte à outils : Neurographica.
Qu’est-ce que Neurographica ?
Neurographica est une méthode graphique qui utilise notamment les lignes, les formes, leurs interactions et les couleurs.
La personne part d’un thème, d’une intention, d’une situation ou d’un questionnement. Le dessin se construit ensuite progressivement selon un processus précis.
Il ne s’agit pas de réaliser une œuvre esthétique et encore moins de « savoir dessiner ».
Ce qui importe est le chemin parcouru pendant la réalisation.
La feuille devient alors un espace dans lequel il est possible de représenter autrement ce qui nous préoccupe et d’observer ce qui émerge au cours du processus.
Quand les mots ne suffisent plus
Dans mon travail d’art-thérapeute et de praticienne en psychothérapie, j’accorde une place importante à la parole, mais également à ce qui peut s’exprimer autrement.
Le dessin, l’écriture, le collage, l’argile, les contes, la symbolisation ou la visualisation permettent parfois d’accéder à une représentation différente de ce que nous vivons.
Une couleur apparaît.
Une forme prend davantage de place.
Deux éléments jusque-là séparés commencent à se rejoindre.
Un espace se crée.
Ces éléments ne constituent pas une interprétation automatique de la personne. Ils deviennent plutôt un support d’observation, de questionnement et de mise en sens.
Pourquoi cette méthode m’intéresse-t-elle ?
Neurographica vient naturellement compléter les outils créatifs que j’utilise déjà.
Je m’intéresse particulièrement à l’accompagnement des personnes hypersensibles, à haut potentiel ou présentant un fonctionnement neuro-atypique.
Lorsque la pensée est très active et que les émotions sont intenses, passer par une médiation graphique peut offrir une autre manière d’aborder une situation.
Le geste oblige à ralentir.
La main avance sur la feuille.
Le regard observe.
La personne peut progressivement prendre de la distance avec ce qui occupait tout l’espace mental.
Dessiner sans savoir dessiner
C’est une inquiétude que j’entends régulièrement dans les ateliers créatifs :
« Mais moi, je ne sais pas dessiner ! »
Cela n’a aucune importance.
L’objectif n’est pas de produire un beau dessin.
Il n’y a pas de modèle artistique à reproduire ni de résultat esthétique attendu. C’est le processus qui nous intéresse.
Chacun avance avec ses lignes, ses formes, ses couleurs et surtout avec ce qu’il vit à cet instant.
Une nouvelle approche dans ma boîte à outils
Je souhaite désormais intégrer progressivement Neurographica parmi les médiations que je peux proposer, lorsque cette approche paraît pertinente pour la personne et pour le travail engagé.
Comme pour mes autres outils, elle ne constitue pas une réponse universelle ni une méthode magique.
Elle est un support supplémentaire permettant d’explorer, de représenter, de créer et parfois de regarder différemment une situation.
Et c’est précisément cette possibilité qui m’intéresse : ouvrir un autre chemin lorsque celui que nous empruntons habituellement semble tourner en rond.
Je vous présenterai prochainement Neurographica plus concrètement lors d’une conférence.
D’ici là, je partagerai également quelques réalisations et réflexions autour de cette nouvelle pratique.
Sylvie Lucas
Art-thérapie & psychothérapie
Accompagnement des personnes hypersensibles et neuro-atypiques
Rendez-vous individuels en ligne ou au Nomad BZH à Plescop.
sylvielucas.com
06 88 41 49 04
sylvie.lucas6656@gmail.com








