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La colère : que cherche-t-elle à nous dire ?

La colère : que cherche-t-elle à nous dire ?

Souvent mal perçue, la colère n’est pas nécessairement un problème. Elle peut signaler une limite franchie, une frustration ou une injustice. Apprendre à l’écouter permet de mieux la réguler.

« Je ne veux plus être en colère. »

Je comprends cette demande.

La colère peut faire peur, surtout lorsqu’elle provoque des paroles ou des comportements que l’on regrette ensuite.

Pourtant, supprimer toute colère n’est probablement pas l’objectif.

La colère peut avoir une fonction

Elle peut apparaître lorsqu’une limite est franchie.

Lorsque nous nous sentons attaqués.

Lorsque quelque chose nous semble profondément injuste.

Lorsqu’un besoin important n’est pas respecté.

Elle mobilise de l’énergie.

La question devient donc :

« Qu’est-ce que ma colère essaie de protéger ? »

Colère et agressivité ne sont pas synonymes

Ressentir de la colère est une expérience émotionnelle.

Insulter, frapper ou détruire est un comportement.

Cette distinction est essentielle.

Nous pouvons apprendre à accueillir l’émotion tout en travaillant sur la manière de l’exprimer.

Les colères longtemps retenues

Certaines personnes ne s’autorisent jamais à être en colère.

Elles encaissent.

Elles évitent les conflits.

Elles acceptent.

Puis, un jour, la colère sort avec une intensité considérable.

Le travail consiste alors parfois à apprendre à poser une limite bien avant d’arriver à saturation.

Représenter la colère

Je peux proposer de créer librement :

« Donnez une forme à votre colère. »

Puis :

« Si elle pouvait parler, que dirait-elle ? »

Les réponses peuvent être très révélatrices :

« Arrête. »

« Écoute-moi. »

« Respecte-moi. »

« Je n’en peux plus. »

Nous découvrons alors parfois derrière la colère un besoin de reconnaissance, de protection, de repos ou de respect.

Transformer plutôt que supprimer

Le but n’est donc pas nécessairement d’éteindre la colère.

Il s’agit de pouvoir l’entendre suffisamment tôt pour qu’elle n’ait plus besoin de hurler.

« Illustration personnelle extraite d’une histoire que j’ai écrite et dessinée dans le livre « La magie de l’Art ». À travers le récit et la création artistique, il devient possible d’explorer la colère, les conflits et les émotions qui les accompagnent. »

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Apprendre à reconnaître ses émotions avant qu’elles ne débordent

Apprendre à reconnaître ses émotions avant qu’elles ne débordent

Colère, peur, tristesse ou frustration ne surgissent pas toujours sans prévenir. Apprendre à identifier les premiers signes émotionnels aide à intervenir avant le débordement.

On dit souvent :

« J’ai explosé d’un seul coup. »

Pourtant, lorsque nous reprenons tranquillement le déroulement de la situation, nous découvrons souvent plusieurs signaux antérieurs.

L’émotion possède une progression

Prenons la colère.

Au début, il peut y avoir une petite contrariété.

Puis une tension.

La mâchoire se serre.

La pensée accélère.

Le ton change.

Puis arrive l’explosion.

Apprendre à intervenir lorsque la colère est à 3 sur 10 est généralement plus facile que lorsqu’elle atteint 9 sur 10.

Construire son thermomètre émotionnel

Je trouve intéressant de travailler avec une échelle personnelle.

À 1 : que se passe-t-il ?

À 3 ?

À 5 ?

À 8 ?

À 10 ?

La personne apprend progressivement à identifier ses propres signes.

Le corps comme indicateur

Les émotions sont souvent perceptibles corporellement avant que nous puissions les nommer précisément.

La gorge se serre.

Le ventre se noue.

Les mains deviennent moites.

Le cœur accélère.

Observer ces sensations permet de développer une meilleure conscience de son état intérieur.

Le travail créatif

On peut créer une silhouette et y représenter les endroits où différentes émotions sont ressenties.

Ou fabriquer un thermomètre de colère, de peur ou de surcharge.

Avec les enfants, cette approche est particulièrement concrète.

Ils peuvent ensuite apprendre à dire :

« Je suis à 6. »

Cela donne à l’adulte une information beaucoup plus utile que d’attendre l’explosion.

Prévenir plutôt que réparer

La régulation émotionnelle ne signifie pas ne plus se mettre en colère ou ne plus être triste.

Elle permet de développer davantage de choix.

À partir de quel niveau ai-je besoin d’une pause ?

Quand dois-je sortir quelques minutes ?

Quand ai-je besoin de parler ?

Quand vaut-il mieux attendre avant de répondre ?

Reconnaître l’émotion plus tôt, c’est progressivement retrouver une marge d’action.

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Hypersensibilité sensorielle : quand le bruit, la lumière, les odeurs ou le toucher deviennent envahissants

hypersensible sensorielle retrouver les calme

Hypersensibilité sensorielle : quand le bruit, la lumière, les odeurs ou le toucher deviennent envahissants

Bruits, lumières, odeurs, vêtements, foule… Certaines stimulations sensorielles peuvent devenir épuisantes. Comment comprendre la surcharge sensorielle et mieux respecter ses limites ?

Un vêtement qui gratte.

Une lumière trop vive.

Plusieurs conversations simultanées.

Une odeur persistante.

Pour certains, ce sont de simples désagréments.

Pour d’autres, leur accumulation peut rendre une situation extrêmement difficile.

Nous ne traitons pas tous les stimulations de la même manière

Notre environnement nous envoie constamment des informations.

Habituellement, une grande partie passe au second plan.

Mais certaines personnes semblent éprouver davantage de difficultés à ignorer certains stimuli.

Le bruit de fond reste présent.

L’étiquette du vêtement continue à être ressentie.

La lumière fatigue.

Dans un centre commercial, un repas de famille ou une salle très animée, plusieurs stimulations peuvent s’additionner.

La surcharge

À un certain moment, la capacité d’adaptation diminue.

Chez l’enfant, cela peut se traduire par de l’agitation, des pleurs, de l’opposition ou une crise.

Chez l’adulte, par de l’irritabilité, une grande fatigue, un besoin urgent de partir ou de s’isoler.

Le comportement visible n’explique donc pas toujours ce qui s’est produit auparavant.

Observer avant de juger

Plutôt que :

« Pourquoi réagit-il comme ça ? »

on peut parfois se demander :

« Qu’est-ce qui s’est accumulé avant cette réaction ? »

Cette question change profondément le regard.

Identifier son seuil

Tenir pendant plusieurs heures puis s’effondrer n’est pas toujours la meilleure stratégie.

Il peut être plus utile d’apprendre à repérer les premiers signes de saturation.

Fatigue ?

Irritabilité ?

Difficulté à suivre une conversation ?

Besoin de silence ?

Tension corporelle ?

Ces indices permettent d’agir plus tôt.

Créer son paysage sensoriel

Une médiation artistique peut consister à représenter deux environnements :

« Un espace qui me surcharge » et « un espace dans lequel je me sens bien ».

Cette création permet ensuite de réfléchir très concrètement aux besoins sensoriels de la personne.

Parfois, respecter sa sensibilité commence simplement par reconnaître que son besoin de calme est réel.

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Se sentir différent depuis toujours : comprendre ce sentiment de décalage

se sentir différent

Se sentir différent depuis toujours : comprendre ce sentiment de décalage

« Je me suis toujours senti différent. » Ce sentiment de décalage peut influencer profondément l’estime de soi et les relations.

Comment apprendre à trouver sa place sans renoncer à soi-même ?

Certaines personnes ne savent pas exactement quand ce sentiment a commencé.

Elles savent simplement qu’il est ancien.

À l’école, elles ne comprenaient pas toujours les autres enfants.

À l’adolescence, elles avaient parfois l’impression d’observer le groupe plutôt que d’en faire réellement partie.

À l’âge adulte, le même sentiment peut persister.

« J’ai toujours l’impression d’être à côté. »

La différence devient parfois un jugement sur soi

Se sentir différent n’est pas nécessairement douloureux.

Ce qui fait souffrir, c’est souvent la conclusion que l’on finit par en tirer :

« Si je ne fonctionne pas comme les autres, quelque chose ne va pas chez moi. »

L’enfant puis l’adulte peuvent alors apprendre à cacher certaines parties d’eux-mêmes.

La suradaptation

Pour appartenir au groupe, certaines personnes deviennent particulièrement attentives aux attentes des autres.

Elles observent.

Elles anticipent.

Elles ajustent leur comportement.

Elles disent oui alors qu’elles pensent non.

Progressivement, une question apparaît :

« Mais moi, qu’est-ce que je veux vraiment ? »

La capacité d’adaptation, initialement utile, devient problématique lorsqu’elle entraîne un effacement permanent de soi.

Retrouver son identité

Un travail thérapeutique peut permettre de revisiter plusieurs questions :

Qu’est-ce qui est réellement important pour moi ?

Quelles sont mes valeurs ?

Dans quelles relations puis-je être moi-même ?

Qu’est-ce que je fais uniquement pour être accepté ?

Quelles parties de moi ai-je appris à cacher ?

Une proposition créative

En art-thérapie, on peut imaginer deux représentations :

« Moi lorsque je m’adapte aux autres »

et

« Moi lorsque je me sens libre d’être moi-même ».

Les différences entre les deux productions deviennent un support de réflexion.

Couleurs, taille, espace occupé, mots choisis : ce n’est pas l’art-thérapeute qui leur attribue un sens. La personne observe ce qui lui parle.

Trouver sa place sans devenir quelqu’un d’autre

Le but n’est pas de supprimer toute adaptation.

Nous nous adaptons tous aux contextes sociaux.

L’enjeu est de ne plus avoir besoin de s’abandonner soi-même pour appartenir au groupe.

Trouver sa place peut alors signifier quelque chose de différent :

ne plus chercher à être semblable à tout prix, mais construire des relations dans lesquelles notre singularité possède elle aussi une place.

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Art-thérapie et hypersensibilité : pourquoi créer peut aider à exprimer ce qui ne se dit pas

Art-thérapie et hypersensibilité : pourquoi créer peut aider à exprimer ce qui ne se dit pas

« Je ne sais pas comment l’expliquer. »

Nous pouvons parfaitement savoir que quelque chose nous bouleverse tout en étant incapables de mettre des mots dessus.

C’est précisément l’un des intérêts de la médiation artistique.

Il n’est pas nécessaire de savoir dessiner

L’une des premières craintes est souvent :

« Mais je ne sais pas dessiner ! »

Ce n’est pas un problème.

L’art-thérapie ne cherche pas la performance artistique.

Un trait, une couleur, une forme découpée dans un magazine ou quelques mots peuvent suffire.

Le support créatif devient un intermédiaire entre le vécu intérieur et la parole.

Donner une forme à l’invisible

Comment représenter l’angoisse ?

La solitude ?

Le sentiment d’être envahi ?

Il n’existe pas de réponse correcte.

C’est précisément ce qui rend la création intéressante.

Une personne peut représenter son angoisse comme un immense nuage. Une autre comme une petite forme enfermée. Une troisième ne dessine rien et déchire son papier.

Chaque création appartient à celui ou celle qui l’a produite.

Regarder ce que l’on ressent

Lorsqu’une expérience intérieure apparaît sur la feuille, un changement devient possible.

La personne peut la regarder.

Elle peut ajouter quelque chose.

Déplacer une forme.

Découper.

Recouvrir.

Transformer.

Cette possibilité de transformation symbolique peut ouvrir de nouvelles associations et de nouvelles paroles.

La création n’est pas interprétée de l’extérieur

Un point me semble essentiel : l’art-thérapeute n’est pas là pour annoncer :

« Vous avez dessiné cela, donc cela signifie ceci. »

Une telle lecture risquerait de projeter sur la personne une signification qui ne lui appartient pas.

Je préfère questionner :

« Qu’est-ce que cette forme représente pour vous ? »

« Qu’est-ce que vous ressentez en regardant cette partie ? »

« Y a-t-il quelque chose que vous souhaiteriez modifier ? »

La personne reste ainsi au centre de son propre processus.

Un espace particulièrement adapté à certaines sensibilités

Les personnes qui réfléchissent beaucoup peuvent parfois chercher immédiatement à expliquer ou rationaliser leur expérience.

La création introduit une autre voie.

Le geste, la matière, l’image et le symbole peuvent faire émerger quelque chose avant même que les mots soient disponibles.

La parole peut venir ensuite.

L’art-thérapie offre alors un espace où l’on n’a pas besoin de tout comprendre immédiatement pour commencer à travailler sur soi.

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Hypersensibilité : quand les émotions prennent beaucoup de place

Hypersensibilité : quand les émotions prennent beaucoup de place

Que signifie être hypersensible ? Émotions intenses, fatigue, besoin de retrait, empathie… Comprendre sa sensibilité permet d’apprendre à mieux vivre avec elle sans chercher à la supprimer.

Il suffit parfois de peu de choses.

Une remarque prononcée un peu sèchement. Un changement d’attitude chez une personne proche. Une injustice observée au travail. Une mauvaise nouvelle entendue le matin. Une tension lors d’un repas familial.

Pour certains, l’événement passe rapidement.

Pour d’autres, il continue à résonner plusieurs heures après.

La conversation est rejouée mentalement. Les mots sont analysés. Une émotion en entraîne une autre. La personne se demande ce qu’elle aurait dû répondre, ce que l’autre a réellement voulu dire ou si elle n’a pas elle-même provoqué la situation.

Lorsque les émotions prennent beaucoup de place, on entend parfois :

« Tu prends tout trop à cœur. »
« Tu réfléchis trop. »
« Il faut passer à autre chose. »

Mais peut-on réellement décider de moins ressentir ?

Être sensible n’est pas être fragile

La sensibilité fait partie du fonctionnement humain.

Nous ne réagissons cependant pas tous avec la même intensité aux événements, aux relations et à notre environnement.

Certaines personnes sont particulièrement réceptives aux ambiances, aux expressions du visage, aux changements de ton ou aux émotions d’autrui.

Cette finesse de perception peut être une ressource.

Elle peut favoriser l’empathie, la créativité, l’intuition relationnelle, l’attention portée aux autres ou la capacité à percevoir des nuances.

Mais lorsque trop d’informations arrivent simultanément, cette sensibilité peut devenir épuisante.

La difficulté n’est donc pas nécessairement l’émotion elle-même.

Elle peut venir de son intensité, de son accumulation ou de la difficulté à retrouver ensuite un état d’apaisement.

Quand une émotion en cache plusieurs autres

Imaginons une situation simple.

Une personne importante ne répond pas à un message.

Une première émotion apparaît : l’inquiétude.

Puis une pensée :

« J’ai peut-être dit quelque chose qu’il ne fallait pas. »

L’inquiétude devient peur.

Puis :

« De toute façon, les gens finissent toujours par s’éloigner. »

La tristesse apparaît.

Enfin :

« Pourquoi est-ce toujours moi qui fais des efforts ? »

Et la colère arrive.

En quelques minutes, une situation relativement banale peut ainsi réveiller plusieurs émotions et parfois des expériences beaucoup plus anciennes.

C’est pourquoi il est intéressant, en accompagnement thérapeutique, de ne pas seulement demander :

« Qu’est-ce que vous ressentez ? »

mais également :

« Qu’est-ce que cette situation vient toucher chez vous ? »

L’émotion n’est pas l’ennemie

Nous cherchons souvent à faire disparaître rapidement une émotion inconfortable.

Pourtant, une émotion peut apporter une information.

La peur peut signaler une menace réelle ou anticipée.

La colère peut apparaître lorsqu’une limite ou une valeur importante semble avoir été transgressée.

La tristesse accompagne notamment les pertes, les séparations ou certaines déceptions.

L’émotion devient plus difficile lorsque nous ne savons pas ce qui se passe en nous ou lorsque nous avons appris à la réprimer.

Certaines personnes ont grandi avec des phrases comme :

« Arrête de pleurer. »

« Ce n’est rien. »

« Tu n’as aucune raison d’être en colère. »

Elles ont alors parfois appris à se méfier de leurs propres ressentis.

Le corps parle également

Une émotion n’est pas uniquement une pensée.

Elle possède une dimension corporelle.

La colère peut se manifester par une tension musculaire, la peur par une accélération du rythme cardiaque, l’angoisse par une sensation d’oppression ou un nœud dans le ventre.

Apprendre à repérer ces premiers signaux peut permettre d’intervenir avant le débordement.

Cela peut être simplement :

« Mes épaules sont en train de se contracter. »

« Je commence à parler plus vite. »

« Je sens que j’ai besoin de sortir quelques minutes. »

Cette observation constitue déjà une forme de régulation.

Ce que permet l’art-thérapie

En art-thérapie, l’émotion peut être représentée plutôt que seulement racontée.

Je peux par exemple proposer :

« Si cette émotion avait une couleur, une forme et une place sur la feuille, à quoi ressemblerait-elle ? »

La personne peut alors créer sans chercher à faire quelque chose de beau.

Une colère peut devenir une masse rouge, une succession de traits, une forme noire ou tout autre chose.

Il n’existe pas de code universel.

Je ne vais pas décider que « le rouge signifie ceci » ou que « cette forme signifie cela ».

C’est la personne qui donne du sens à sa création.

Elle peut ensuite regarder son émotion depuis une certaine distance.

Elle n’est plus seulement dans l’émotion.

Elle peut aussi commencer à l’observer.

Apprendre à créer son propre mode d’emploi

Une personne sensible n’a pas nécessairement besoin de devenir moins sensible.

Elle peut en revanche apprendre à mieux connaître ses limites.

Qu’est-ce qui me surcharge ?

De combien de temps ai-je besoin pour récupérer ?

Quelles relations m’apaisent ?

Quelles situations me mettent systématiquement en tension ?

Quels signes corporels annoncent que j’arrive à saturation ?

Ai-je besoin de silence ? De mouvement ? De création ? De solitude ? De parler ?

Ces questions permettent progressivement de construire son propre mode d’emploi.

Sensibilité et estime de soi

L’une des difficultés apparaît lorsque la personne ne souffre plus seulement de ses émotions, mais commence à avoir honte de son fonctionnement.

« Pourquoi suis-je incapable de faire comme les autres ? »

« Je suis trop compliquée. »

« Je devrais être plus forte. »

Le travail thérapeutique peut alors consister à séparer deux réalités :

avoir une réaction émotionnelle intense et porter un jugement négatif sur soi parce que cette réaction existe.

Ce deuxième niveau de souffrance peut parfois être particulièrement important.

Comprendre son fonctionnement permet progressivement de remplacer :

« Je suis trop sensible »

par :

« Je suis sensible. Comment puis-je prendre soin de cette sensibilité ? »

Ce changement paraît subtil.

Il modifie pourtant profondément le regard porté sur soi.

Actualités 

Ateleir HPI agapé Questembert

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Haut potentiel, hypersensibilité et neuroatypie : de quoi parle-t-on vraiment ?

Haut potentiel, hypersensibilité, neuroatypie… Ces termes sont souvent confondus. Comment mieux comprendre son fonctionnement et comment l’art-thérapie peut-elle accompagner les personnes qui se sentent différentes ?

Certaines personnes me disent : « J’ai toujours eu l’impression d’être différente », « Je réfléchis trop », « Je ressens tout très fort », « Je remarque des choses que les autres ne semblent pas voir » ou encore « Mon cerveau ne s’arrête jamais ».

Derrière ces ressentis peuvent se trouver des réalités très différentes : une grande sensibilité, un fonctionnement intellectuel particulier, un TDAH, un trouble du spectre de l’autisme, une histoire personnelle qui a renforcé l’hypervigilance… ou plusieurs éléments qui se combinent.

Aujourd’hui, les termes haut potentiel, hypersensibilité et neuroatypie sont très présents. Ils peuvent aider à mettre des mots sur un vécu, mais ils sont également parfois utilisés comme s’ils étaient synonymes.

Or, ils ne désignent pas la même chose.

Les différencier permet déjà de porter un regard plus juste sur soi-même ou sur son enfant.

Le haut potentiel intellectuel : de quoi parle-t-on ?

Le haut potentiel intellectuel, souvent abrégé HPI, désigne avant tout un fonctionnement cognitif caractérisé par des capacités intellectuelles particulièrement élevées.

Son identification repose sur une évaluation psychométrique réalisée par un psychologue, généralement à l’aide d’une échelle d’intelligence adaptée à l’âge de la personne.

Il est donc important de rappeler qu’une liste de caractéristiques trouvée sur Internet ne permet pas de déterminer si une personne est HPI.

On associe parfois systématiquement le haut potentiel à une pensée extrêmement rapide, une grande créativité, une hypersensibilité, un sentiment de décalage, une forte intuition ou encore un grand sens de la justice.

Certaines personnes à haut potentiel peuvent effectivement se reconnaître dans plusieurs de ces caractéristiques. Mais elles ne sont ni obligatoires ni spécifiques au HPI.

Chaque personne possède son histoire, sa personnalité, son environnement et sa manière particulière d’utiliser ses ressources.

Être HPI n’est donc pas une personnalité en soi.

Et surtout, le haut potentiel n’est ni une maladie ni un trouble psychologique.

L’hypersensibilité : ressentir avec une grande intensité

L’hypersensibilité renvoie davantage à une sensibilité particulièrement importante aux informations émotionnelles ou sensorielles.

Une personne peut, par exemple, être fortement touchée par une remarque que d’autres oublieraient rapidement. Une ambiance tendue peut lui peser pendant plusieurs heures. Elle peut avoir besoin de davantage de temps pour retrouver son équilibre après une situation émotionnellement intense.

Cette sensibilité peut également concerner les perceptions sensorielles : bruit, lumière, odeurs, textures, température, contacts physiques…

Une journée dans un environnement très stimulant peut alors entraîner une véritable fatigue.

Mais l’hypersensibilité ne se résume pas à « être trop émotif ».

Elle peut aussi s’accompagner d’une grande finesse d’observation, d’une attention particulière aux nuances, d’une vie intérieure riche, d’une sensibilité artistique ou d’une forte réceptivité à l’environnement.

Elle peut donc représenter à la fois une vulnérabilité dans certaines situations et une véritable ressource dans d’autres.

Peut-on être hypersensible sans être HPI ?

Oui.

C’est même une distinction essentielle.

Une personne peut être hypersensible sans présenter de haut potentiel intellectuel. Inversement, une personne HPI n’est pas nécessairement hypersensible.

On peut également rencontrer une grande sensibilité chez des personnes présentant d’autres fonctionnements neurodéveloppementaux, mais aussi chez des personnes qui ne présentent aucune neuroatypie particulière.

L’histoire de vie compte également.

Une personne ayant vécu longtemps dans un environnement imprévisible ou insécurisant peut, par exemple, devenir extrêmement attentive aux réactions des autres.

Elle remarque une modification de la voix, un changement d’expression ou une tension dans une pièce avant même que quelqu’un ne dise quoi que ce soit.

Dans ce cas, ce qui ressemble extérieurement à une « hypersensibilité » peut également relever en partie d’une hypervigilance acquise au cours de l’histoire personnelle.

C’est pourquoi il est important de ne pas enfermer une personne dans une étiquette.

Et que signifie « neuroatypique » ?

Le terme neuroatypique est aujourd’hui largement utilisé pour parler de personnes dont le fonctionnement neurologique ou cognitif s’écarte de celui considéré comme majoritaire.

On l’emploie notamment dans le contexte du TDAH, de l’autisme ou des troubles spécifiques des apprentissages, même si son usage est plus large et n’a pas toujours une définition unique selon les contextes.

Là encore, il faut éviter les raccourcis.

Avoir beaucoup d’idées ne signifie pas automatiquement avoir un TDAH. Aimer être seul ne signifie pas être autiste. Être très sensible ne signifie pas être HPI.

Lorsqu’une personne rencontre des difficultés importantes dans son quotidien, une évaluation réalisée par un professionnel compétent peut permettre de mieux comprendre ce qui se passe.

L’objectif n’est pas de mettre une personne dans une case.

Il s’agit plutôt de pouvoir dire :

« Maintenant que je comprends mieux mon fonctionnement, de quoi ai-je besoin pour vivre plus sereinement avec celui-ci ? »

Le sentiment de décalage

C’est probablement l’un des thèmes que je rencontre le plus souvent dans mon travail.

Certaines personnes ont grandi avec l’impression d’être « trop » : trop sensibles, trop bavardes, trop silencieuses, trop curieuses, trop intenses, trop exigeantes…

D’autres ont plutôt entendu qu’elles n’étaient « pas assez » : pas assez concentrées, pas assez sociables, pas assez organisées, pas assez rapides…

À force, ces messages peuvent participer à la construction d’une image négative de soi.

La personne ne se demande plus seulement :

« Pourquoi est-ce difficile pour moi ? »

Elle finit parfois par penser :

« Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »

C’est là que l’accompagnement thérapeutique peut prendre tout son sens.

Pourquoi l’art-thérapie peut-elle être intéressante ?

L’art-thérapie permet d’utiliser la création comme médiation thérapeutique.

Il ne s’agit pas de produire une belle œuvre, et il n’est absolument pas nécessaire de savoir dessiner.

Une couleur, une forme, un collage, quelques mots, une image ou un trait peuvent devenir une manière d’exprimer quelque chose qui reste difficile à formuler verbalement.

Prenons un exemple.

Je peux proposer à une personne de représenter sur une feuille :

« Comment je me sens lorsque je suis submergé(e) ? »

Il n’y a pas de bonne réponse.

La personne peut tracer des lignes très serrées, remplir entièrement l’espace, utiliser une multitude de couleurs ou, au contraire, laisser presque toute la feuille vide.

Ce qui devient intéressant dans le travail thérapeutique n’est pas d’interpréter arbitrairement son dessin.

C’est ce que la personne elle-même va pouvoir en dire, ressentir et découvrir.

« Je manque d’espace. »

« Tout se mélange. »

« Je voudrais sortir de là. »

« Je réalise que je ne m’autorise jamais à m’arrêter. »

La création devient alors un support permettant de poursuivre le travail.

Apprendre à mieux connaître son propre fonctionnement

Dans mes accompagnements, je travaille notamment autour de la confiance en soi, de la légitimité, des émotions, des relations, des limites, de la frustration, du sentiment d’injustice, de la motivation, des peurs ou encore de la suradaptation.

Mais l’objectif n’est pas de supprimer la sensibilité.

Il n’est pas davantage de faire entrer la personne dans un fonctionnement considéré comme « normal ».

Il s’agit de l’aider progressivement à différencier plusieurs choses :

Ce que je ressens.
Ce dont j’ai besoin.
Ce qui m’appartient.
Ce qui appartient à l’autre.
Ce que j’accepte.
Ce que je ne souhaite plus accepter.

Cette distinction peut être particulièrement importante lorsqu’on a passé beaucoup de temps à s’adapter à son entourage.

Ne plus chercher uniquement à entrer dans une case

Découvrir le haut potentiel, l’hypersensibilité ou une neuroatypie peut parfois provoquer un immense soulagement.

Enfin, certaines expériences prennent du sens.

Mais une étiquette, même lorsqu’elle est pertinente, ne raconte jamais toute une personne.

Nous sommes aussi constitués de notre histoire, de nos relations, de nos expériences, de nos blessures, de nos ressources, de nos valeurs, de nos désirs et de notre créativité.

L’enjeu thérapeutique n’est donc pas seulement de pouvoir dire :

« Je suis comme ceci. »

Il peut progressivement devenir :

« Je comprends mieux comment je fonctionne et j’apprends à construire une vie qui respecte davantage qui je suis. »

Et c’est souvent à cet endroit que la sensibilité peut commencer à ne plus être vécue uniquement comme quelque chose à subir, mais aussi comme une partie de soi à comprendre, à apprivoiser et parfois à transformer en ressource.

Sylvie Lucas – Art-thérapeute

J’accompagne notamment les personnes hypersensibles et neuroatypiques, enfants, adolescents et adultes, autour des émotions, de l’estime de soi et des difficultés relationnelles, à travers l’art-thérapie et différentes médiations créatives.

Evénements de ce mois de septembre : merci de vous inscrire !

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Art-thérapie dans le Morbihan : ateliers et nouveautés de septembre 2026

Rentrée 2026 : prendre soin de soi autrement grâce à l’art-thérapie

La rentrée est souvent associée à la reprise du travail, de l’école, des activités et des obligations du quotidien. Les agendas se remplissent rapidement et, avec eux, reviennent parfois la fatigue, le stress et cette impression de devoir être partout à la fois.

Mais si cette rentrée devenait aussi l’occasion de faire une place à soi ?

Septembre marque pour moi une rentrée particulièrement riche en nouveautés. De nouveaux ateliers, de nouvelles rencontres et de nouveaux outils viennent enrichir ma pratique d’art-thérapeute et praticienne en psychothérapie.

Quand la rentrée fait émerger le besoin de changement

Après la parenthèse estivale, reprendre son quotidien peut mettre en évidence certaines difficultés que l’on avait momentanément laissées de côté.

Une fatigue persistante. Des émotions difficiles à réguler. Des relations qui deviennent pesantes. Un manque de confiance en soi. Le sentiment de toujours devoir répondre aux besoins des autres. Une utilisation des écrans qui prend progressivement trop de place…

Il n’est pas nécessaire d’attendre que la situation devienne insupportable pour commencer à s’interroger.

L’art-thérapie permet justement d’aborder autrement ce que nous vivons. Dessiner, écrire, modeler, créer, travailler à partir d’une image, d’un symbole ou d’un conte peuvent devenir autant de chemins pour exprimer ce qui est parfois difficile à mettre en mots.

Il ne s’agit pas de savoir dessiner ou d’être « créatif ». La création devient ici un support d’expression, d’exploration et de transformation.

Des ateliers d’art-thérapie pour cette rentrée

Cette année, j’ai souhaité proposer plusieurs ateliers autour de problématiques très présentes dans notre quotidien.

Prendre soin de soi lorsque l’on est aidant

Accompagner un proche malade, âgé, en situation de handicap ou de perte d’autonomie demande beaucoup d’énergie.

Lorsque l’attention est constamment tournée vers l’autre, il peut devenir difficile d’identifier ses propres besoins et surtout de s’autoriser à y répondre.

Les ateliers consacrés aux aidants permettront notamment de questionner la fatigue, les besoins, les limites et la culpabilité, mais aussi de retrouver un espace personnel grâce à la créativité.

📅 13 septembre à Saint-Avé
📅 17 septembre à L’Agapé, Questembert


Écrans : retrouver un équilibre plutôt que culpabiliser

Téléphone, réseaux sociaux, jeux vidéo, vidéos… Les écrans font désormais partie de notre quotidien et de celui des enfants et adolescents.

La question n’est donc pas simplement de les supprimer.

Il s’agit plutôt de comprendre : qu’est-ce que je recherche lorsque je prends mon téléphone ? Pourquoi est-il parfois si difficile de m’arrêter ? Que se passe-t-il dans la relation lorsque l’écran devient source de conflits ?

À travers différentes propositions créatives, nous explorerons les mécanismes qui peuvent conduire à des usages excessifs et chercherons des alternatives concrètes permettant de retrouver davantage d’équilibre.

📅 19 septembre à L’Agapé, Questembert
📅 25 septembre à Saint-Avé


Retrouver ses sensations et sa créativité

Nous terminerons septembre avec un atelier très différent : Éveil des 5 sens & créativité, que j’animerai avec Chantale.

Conte, exploration sensorielle et land art permettront de ralentir, observer autrement notre environnement et laisser davantage de place à l’imaginaire.

📅 30 septembre, de 14h à 16h, au Jardin des Merveilles à Plumergat.

Un véritable temps pour expérimenter, ressentir et créer.

Une nouveauté dans ma boîte à outils : la méthode Neurographica

Cette rentrée marque également l’intégration d’un nouvel outil dans ma pratique : la méthode Neurographica.

À partir du tracé et de la création graphique, cette approche permet de représenter visuellement une problématique, une émotion ou une intention et d’explorer autrement notre manière de l’appréhender.

J’aurai justement l’occasion de vous présenter cette méthode lors de ma conférence au salon L’Odyssée de l’Âme.

Rendez-vous les 5 et 6 septembre à Sainte-Anne-d’Auray

Je commencerai en effet cette rentrée par deux journées de rencontres au salon L’Odyssée de l’Âme, à l’Espace Camborne de Sainte-Anne-d’Auray.

📅 Samedi 5 et dimanche 6 septembre 2026
⏰ 10h à 18h

Je serai présente sur mon stand pour vous présenter mon travail, mes ouvrages, les ateliers de cette rentrée et mes différentes possibilités d’accompagnement.

🎤 Samedi à 14h15, j’animerai également une conférence consacrée à la méthode Neurographica.

Ce sera aussi tout simplement l’occasion de nous rencontrer et d’échanger.

Et si vous préférez un accompagnement individuel ?

Un atelier collectif ne correspond pas nécessairement à tout le monde.

Certaines problématiques nécessitent davantage d’intimité, de temps ou un accompagnement construit en fonction de votre histoire personnelle.

Je propose également des rendez-vous individuels en art-thérapie et psychothérapie, pour les adultes, les adolescents et les enfants.

Les séances peuvent notamment permettre de travailler autour des émotions, de la confiance en soi, des relations, de l’hypersensibilité et du HPI, des neuroatypies, des comportements addictifs, du stress, du deuil ou encore des périodes importantes de changement.

Les accompagnements sont possibles en ligne ou en présentiel.

Et si septembre devenait le début de quelque chose ?

Prendre soin de soi ne signifie pas nécessairement tout bouleverser.

Cela peut commencer par une rencontre, un atelier, un dessin, une prise de conscience ou simplement une heure pendant laquelle nous nous autorisons enfin à nous écouter.

Cette rentrée sera pour moi placée sous le signe de la créativité, de la rencontre et de la transformation.

Et peut-être sera-t-elle aussi l’occasion, pour vous, d’ouvrir un nouveau chemin.

Sylvie Lucas
Art-thérapeute – Praticienne en psychothérapie – Auteure
📞 06 88 41 49 04
✉️ sylvie.lucas6656@gmail.com
🌐 sylvielucas.com

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Neurographica : quand le dessin devient un espace de transformation

Neurographica : quand le dessin devient un espace de transformation

Il n’est pas toujours facile de mettre des mots sur ce que nous ressentons.

Une émotion, une situation relationnelle, une peur ou un changement peuvent parfois être parfaitement identifiés et pourtant continuer à nous habiter. À d’autres moments, nous savons simplement que « quelque chose » est là sans parvenir à le définir précisément.

C’est notamment pour cette raison que les médiations créatives occupent une place importante dans ma pratique.

Depuis peu, une nouvelle méthode a rejoint ma boîte à outils : Neurographica.

Qu’est-ce que Neurographica ?

Neurographica est une méthode graphique qui utilise notamment les lignes, les formes, leurs interactions et les couleurs.

La personne part d’un thème, d’une intention, d’une situation ou d’un questionnement. Le dessin se construit ensuite progressivement selon un processus précis.

Il ne s’agit pas de réaliser une œuvre esthétique et encore moins de « savoir dessiner ».

Ce qui importe est le chemin parcouru pendant la réalisation.

La feuille devient alors un espace dans lequel il est possible de représenter autrement ce qui nous préoccupe et d’observer ce qui émerge au cours du processus.

Quand les mots ne suffisent plus

Dans mon travail d’art-thérapeute et de praticienne en psychothérapie, j’accorde une place importante à la parole, mais également à ce qui peut s’exprimer autrement.

Le dessin, l’écriture, le collage, l’argile, les contes, la symbolisation ou la visualisation permettent parfois d’accéder à une représentation différente de ce que nous vivons.

Une couleur apparaît.

Une forme prend davantage de place.

Deux éléments jusque-là séparés commencent à se rejoindre.

Un espace se crée.

Ces éléments ne constituent pas une interprétation automatique de la personne. Ils deviennent plutôt un support d’observation, de questionnement et de mise en sens.

Pourquoi cette méthode m’intéresse-t-elle ?

Neurographica vient naturellement compléter les outils créatifs que j’utilise déjà.

Je m’intéresse particulièrement à l’accompagnement des personnes hypersensibles, à haut potentiel ou présentant un fonctionnement neuro-atypique.

Lorsque la pensée est très active et que les émotions sont intenses, passer par une médiation graphique peut offrir une autre manière d’aborder une situation.

Le geste oblige à ralentir.

La main avance sur la feuille.

Le regard observe.

La personne peut progressivement prendre de la distance avec ce qui occupait tout l’espace mental.

Dessiner sans savoir dessiner

C’est une inquiétude que j’entends régulièrement dans les ateliers créatifs :

« Mais moi, je ne sais pas dessiner ! »

Cela n’a aucune importance.

L’objectif n’est pas de produire un beau dessin.

Il n’y a pas de modèle artistique à reproduire ni de résultat esthétique attendu. C’est le processus qui nous intéresse.

Chacun avance avec ses lignes, ses formes, ses couleurs et surtout avec ce qu’il vit à cet instant.

Une nouvelle approche dans ma boîte à outils

Je souhaite désormais intégrer progressivement Neurographica parmi les médiations que je peux proposer, lorsque cette approche paraît pertinente pour la personne et pour le travail engagé.

Comme pour mes autres outils, elle ne constitue pas une réponse universelle ni une méthode magique.

Elle est un support supplémentaire permettant d’explorer, de représenter, de créer et parfois de regarder différemment une situation.

Et c’est précisément cette possibilité qui m’intéresse : ouvrir un autre chemin lorsque celui que nous empruntons habituellement semble tourner en rond.

Je vous présenterai prochainement Neurographica plus concrètement lors d’une conférence.

D’ici là, je partagerai également quelques réalisations et réflexions autour de cette nouvelle pratique.

Sylvie Lucas
Art-thérapie & psychothérapie
Accompagnement des personnes hypersensibles et neuro-atypiques

Rendez-vous individuels en ligne ou au Nomad BZH à Plescop.

sylvielucas.com
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sylvie.lucas6656@gmail.com

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Quand le conte ouvre un autre chemin : créativité, imaginaire et adolescence

Quand le conte ouvre un autre chemin : créativité, imaginaire et adolescence

À 14 ans, on se trouve dans un entre-deux.

On quitte progressivement le monde de l’enfance sans être encore tout à fait adulte. Le corps change, les relations évoluent, les émotions peuvent être intenses et les questions nombreuses.

Et il n’est pas toujours facile de mettre des mots sur ce que l’on ressent.

C’est aussi pour cela que j’aime utiliser le conte et la créativité dans mon travail.

Cette semaine, je vais avoir la chance d’animer un atelier conte individuel avec une adolescente de 14 ans dans un cadre assez particulier : l’Île-aux-Moines, dans le golfe du Morbihan (près de la plage).

Un environnement naturel qui invite déjà, à lui seul, à ouvrir les portes de l’imaginaire.

Le conte n’est pas réservé aux enfants

Lorsque l’on parle de conte, on pense souvent aux jeunes enfants.

Pourtant, les histoires nous accompagnent tout au long de notre vie.

À l’adolescence, elles peuvent même prendre une autre dimension.

Le personnage qui cherche son chemin, celui qui doit franchir une épreuve, quitter un lieu connu, apprivoiser une peur, trouver des alliés ou découvrir des ressources qu’il ignorait posséder peut entrer en résonance avec ce que vit l’adolescent.

Mais il existe une différence importante : ce n’est pas directement de lui que l’on parle.

On parle d’un personnage.

D’une forêt.

D’une île.

D’un voyage.

D’une rencontre.

Cette distance symbolique peut offrir davantage de liberté.

Créer plutôt que devoir tout expliquer

Dans un atelier créatif, je ne cherche pas nécessairement à obtenir une explication.

Une couleur, un dessin, quelques mots, un personnage inventé ou un élément de la nature peuvent devenir des supports d’expression.

L’adolescent peut créer sans avoir à justifier immédiatement ce qu’il fait.

Il peut transformer l’histoire.

Inventer un autre personnage.

Imaginer une suite.

Dessiner un lieu.

Créer un objet symbolique.

Et parfois, quelque chose apparaît au cours de cette création.

Une émotion.

Une question.

Une ressource.

Une autre manière de regarder une situation.

C’est justement cette liberté que j’aime préserver.

À 14 ans, l’imaginaire est toujours là

Il serait dommage de penser qu’en grandissant nous devons abandonner notre imaginaire.

Les adolescents ont souvent une vie intérieure extrêmement riche.

Leurs univers peuvent simplement avoir changé.

L’imaginaire devient alors un territoire dans lequel il est possible d’explorer l’identité, les relations, les choix, les peurs, les rêves ou encore la place que l’on cherche à trouver parmi les autres.

Le conte peut devenir un point de départ.

La création fait ensuite son chemin.

Quand la nature entre dans l’atelier

Pour cet atelier à l’Île-aux-Moines, un autre élément sera présent : la nature.

La mer, les arbres, les chemins, les sons, les matières, les couleurs…

🌊 Observer.

🌿 Marcher.

👂 Écouter.

🎨 Créer.

📖 Imaginer.

Un atelier réalisé dehors ne se déroule pas exactement comme un atelier entre quatre murs.

L’environnement peut lui aussi devenir source d’inspiration.

Une pierre peut évoquer quelque chose.

Une branche peut devenir un personnage.

Un coquillage peut entrer dans une histoire.

Un paysage peut faire naître quelques mots.

L’atelier se construit alors dans cette rencontre entre le conte, la personne, la créativité et le lieu.

Et si nous laissions davantage de place à la créativité ?

Cette question dépasse largement l’adolescence.

Dans nos vies souvent très organisées, remplies d’obligations et d’écrans, nous oublions parfois que créer ne signifie pas forcément savoir dessiner ou être artiste.

Créer, cela peut être inventer une histoire.

Choisir une couleur.

Faire un collage.

Modeler.

Écrire quelques mots.

Observer la nature.

Imaginer.

Transformer.

Et surtout, s’autoriser pendant un moment à ne pas chercher à « bien faire ».

C’est cette place donnée à la créativité que je souhaite continuer à développer dans mes ateliers.

La rentrée se prépare d’ailleurs déjà avec de nouveaux projets autour de l’art-thérapie, des contes, de l’expression créative, de l’hypersensibilité et des neuroatypies.

En parallèle, je poursuis également mes formations en NeuroGraphica, mon travail de mémoire et l’écriture de trois nouveaux livres.

Des projets très différents en apparence, mais qui sont tous reliés par la même envie :

ouvrir des espaces dans lesquels la créativité permet d’explorer, de comprendre, d’exprimer et de transformer.

Et cette semaine, ce chemin créatif passera par une île…

L’Île-aux-Moines. 🌊🌿📖